Le mystère de l’Église

Présentation

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Le mystère de l’Église – cette rubrique a pour vocation, dans le cadre de l’objet de notre mouvement associatif : Pour l’Unité du monde par l’Église catholique, – de faire connaître et aimer l’Église pour ce qu’elle est : un mystère d’amour, de vie et de lumière pour tout le genre humain.

Plus qu’une institution séculaire à laquelle les sociologues et bien des personnes la réduisent souvent, l’Église, en effet, est d’abord et avant tout une réalité mystique en laquelle la miséricorde surabondante de Dieu s’unit à la misère insondable des hommes. C’est par elle que Dieu veut passer pour dispenser le salut à l’humanité et lui faire découvrir l’amour infini qu’il a pour les hommes.

À ce titre, pour ne citer que quelques images des Saintes Écritures, l’Église est :

  • Le bercail dont Jésus est le berger et nous les brebis (Jean 10, 11.16),
  • La vigne dont Jésus est le cep et nous les sarments (Jean 15, 5),
  • Le Temple de Dieu dont Jésus est la pierre angulaire (1 Pierre 2, 4) et nous les pierres vivantes (Éphésiens 2, 19-20),
  • Un corps vivant dont le Christ est la Tête et nous les membres (1 Corinthiens 12, 27 ; Colossiens 1, 18)…

Les comparaisons sont nombreuses, complémentaires et chacun pourra les découvrir et les méditer au fil de ces pages afin de mieux prendre conscience de l’Église et, ainsi, de fortifier sa foi en Dieu. Ces analogies, toutefois, comme les couleurs du spectre solaire fusionnent dans la blancheur, veulent exprimer un même mystère : l’Église est une réalité qui vient d’en haut. Son ADN est en quelque sorte divin : elle est la Jérusalem Céleste (Apocalypse 21, 2), l’Épouse de l’Agneau (2 Corinthiens 11, 2). À ce titre, les différents articles qu’on trouvera dans cette rubrique ne cherchent pas tant à répondre à la question : « Qu’est-ce que l’Église ? » mais plutôt : « Qui est l’Église ? »

Que chacun puisse alors découvrir combien, depuis les jours de la Pentecôte, l’Église est le signe, par excellence, de l’amour et des multiples sollicitudes du Seigneur pour son peuple ; l’instrument, entre les mains de ses disciples, de la sanctification de tous les hommes, quelle que soit leur race, leur langue, leur nationalité. De ce fait, elle a reçu, à l’égard de ces derniers temps que nous vivons depuis l’événement de l’Incarnation-Rédemptrice, une mission universelle de maternité spirituelle. Que notre âme soit en elle comme un petit enfant contre sa mère (cf. Psaume 131, 2).

Abbé Jérôme MONRIBOT 
Conseiller spirituel 

 

ENTREZ DANS LE MYSTÈRE DE L’ÉGLISE, Mystère d’amour

 

L’Église est une histoire d’amour (Pape François)

L’Église est une histoire d’amour et nous en faisons partie. Mais pour cette raison précisément, lorsque l’on donne trop d’importance à l’organisation, quand l’administration et la bureaucratie prennent une dimension prépondérante, l’Église perd sa vraie substance et risque de se transformer en une simple organisation non gouvernementale. L’histoire d’amour à laquelle le Pape François s’est référé au cours de la Messe célébrée dans la matinée du mercredi 24 avril, dans la chapelle de la Domus Sanctae Marthae, est celle de la maternité de l’Église. Une maternité, a-t-il dit, qui croît et se diffuse dans le temps « et qui n’est pas encore finie », poussée non par des forces humaines, mais « par la force de l’Esprit Saint ».

Mais alors, s’est demandé le Pape, comment croît l’Église ? « Jésus l’a dit avec simplicité : comme le grain de sénevé, comme le levain dans la farine, sans bruit. L’Église croît – pour ainsi dire – par le bas, lentement ». Et quand elle se vante « de sa quantité », quand elle donne naissance à des « organisations » et « des bureaux et devient un peu bureaucratique, l’Église perd sa principale substance et court le danger de se transformer en une ONG. Et l’Église n’est pas une ONG. C’est une histoire d’amour ».

Puis, s’adressant aux personnes présentes à la Messe, il a expliqué : « Tout est nécessaire, les bureaux sont nécessaires », mais « ils sont nécessaires jusqu’à un certain point », c’est-à-dire « comme soutien à cette histoire d’amour ». Quand en revanche « l’organisation prend la première place, l’amour rétrocède et l’Église, la pauvre, devient une ONG. Et cela n’est pas la bonne route ».

« Mais comment se réalise cette croissance de l’Église ? » a-t-il à nouveau demandé. « Non comme les militaires, comme ce chef d’État qui a demandé combien de divisions a le Pape[1] » a-t-il répondu. L’Église, a-t-il répété, ne croît pas grâce à son armée: sa force « c’est l’Esprit, l’Esprit Saint, l’amour. C’est le Père qui envoie le Fils et le Fils nous donne la force de l’Esprit Saint pour croître, pour aller de l’avant ».

Donc l’Église n’est pas une organisation, mais « elle est Mère ». Et en notant la présence à la Messe de nombreuses mères, le Pape François s’est adressé directement à elles et a demandé : « Qu’est-ce que vous en dites, si quelqu’un vous dit : “Mais vous, vous êtes une organisatrice de votre maison” ? », anticipant leur réponse il a ajouté : « Non : je suis une maman !”. Et l’Église est Mère ». Et nous avec la force de l’Esprit, « tous ensemble, nous sommes une famille dans l’Église qui est notre Mère. Ainsi peut-on expliquer cette première lecture : “La Parole de Dieu croissait et se répandait”. Elle croît ainsi. Ici s’explique ce que disait Jésus : “Qui croit en moi, ne croit pas en moi mais en Celui qui m’a envoyé”. Le Père qui est à l’origine de cette histoire d’amour ».

« Demandons à la Vierge, qui est Mère – a-t-il conclu – de nous donner la grâce de la joie, de la joie spirituelle de cheminer dans cette histoire d’amour ».
 

 

[1] (NDLR) : Le Pape François fait référence à la célèbre question « Le Pape, combien de divisions a-t-il ? » qu’aurait posée Joseph Vissarinovitch Djougatchvili, dit Staline (« l’homme d’acier »), 1878-1953, secrétaire général du Parti communiste soviétique, à Pierre Laval, alors ministre français des affaires étrangères en visite à Moscou (mai 1935).