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Pour l’Unité

du monde par l’Église catholique

« Rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11, 52)
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Les Rameaux, c’est quoi au juste ?

Par sa mort, le Christ a vaincu la mort et donné la vie ! C’est pourquoi, malgré l’ombre de la Passion, la Semaine Sainte commence-t-elle par une joyeuse procession. 

Le peuple de Dieu, rameaux de buis ou palmes à la main, commémore ce jour-là l’entrée triomphale du Messie à Jérusalem. La procession des Rameaux, qui caractérise actuellement le dimanche de la Passion, nous vient directement d’une coutume pratiquée par l’Église de Jérusalem, dès les premiers siècles du christianisme. Ce n’est qu’aux alentours du 8e siècle qu’elle fut par la suite introduite en Gaule puis à Rome où elle devint très vite populaire.

UNE PROCESSION LITURGIQUE

Dans l’ordonnancement actuel de la liturgie, pour que la procession des Rameaux soit bien un cheminement, il est souhaitable que les fidèles se réunissent dans un lieu autre que celui de l’église. Si cela n’est pas possible, on peut simplement se retrouver sur le parvis et marcher ensuite vers l’autel, après avoir solennellement évoqué l’entrée de Jésus à Jérusalem. Cette procession honore ainsi un moment particulier de l’histoire du Salut : l’entrée du Christ à Jérusalem où, six jours plus-tard, Jésus souffrira la Passion. Toutefois, cette procession est beaucoup plus qu’une simple reconstitution historique : elle veut surtout exprimer l’accueil enthousiaste que l’Église tout entière, aujourd’hui encore, réserve à son Seigneur et Maître.

ORIGINE HISTORIQUE DES RAMEAUX

Au terme d’un itinéraire de plusieurs mois, depuis la Galilée jusqu’à Jérusalem, voyage ponctué d’événements et d’enseignements au cours desquels Jésus laisse pressentir sa divinité et son sacrifice final à ses Apôtres, le Christ arrive enfin aux portes de la Ville sainte, à six jours de la Pâques, sans doute aux environs de l’an 30. Comme les rois d’antan pour leur intronisation, Jésus accepte de faire une entrée solennelle dans la ville de David, cette antique cité que Dieu avait choisie pour demeurer au milieu de son peuple. Jésus lui-même contribue à organiser la manifestation : il envoie chercher l’ânon qui lui servira de monture. 

En signe d’hommages, les gens étendent leurs manteaux et des branchages tout au long du chemin. L’enthousiasme gagne non seulement les pèlerins venus de partout pour la Pâque mais également une partie des habitants de Jérusalem qui viennent à sa rencontre, avec des palmes à la main (cf. le témoignage de Jean). Les exclamations de la foule expriment l’espérance messianique sous sa forme la plus populaire : « Hosanna Fils de David ! » forme grécisée de l’hébreu « Hoshi’ana » qui pourrait se traduire comme : « Sauve donc ! Apporte-nous le Salut ! »

Se sachant parvenu au terme de sa vie publique, Jésus se révèle alors, aux yeux de tous, comme le mystérieux Roi-Messie annoncé jadis par le prophète Zacharie : « Il proclamera la paix aux nations. Sa domination s’étendra d’une mer à l’autre et de l’Euphrate à l’autre bout du pays » (Za., 9, 10). Depuis, de siècle en siècle, l’Église confesse elle aussi avec joie la messianité de son Seigneur. Mais sa jubilation a un motif plus profond encore : dans l’entrée triomphale du Messie à Jérusalem elle voit également, en filigrane, l’entrée triomphale de Jésus dans la Jérusalem céleste qui se réalisera dans le mystère de son Ascension, quarante jours après sa Résurrection. 

C’est ainsi que Jean, dans son évangile, a relu l’épisode des Rameaux à la lumière de ce qui signifiait, pour eux et pour toute l’humanité, l’événement du mystère pascal : « Les disciples ne comprirent pas sur le moment ; mais quand Jésus eut été glorifié, ils se rappelèrent que cela avait été écrit à son sujet et que c’était cela même qu’on avait fait pour lui » (Jean, 12, 16). Hélas, versatile, l’enthousiasme des foules ne devait pas durer. Au moment même de l’entrée triomphale de Jésus, un groupe de Pharisiens et de prêtres s’indignait et cherchait à faire taire les enfants qui criaient « Hosanna ! » jusqu’aux portes du Temple (cf. Math., 21, 16 ; Luc, 19, 39). Nous connaissons la suite : quelques jours plus tard, Jésus sera arrêté, traduit en justice par les Romains et condamné au supplice de la crucifixion.

EN MARCHE VERS LE CIEL

Plus qu’un souvenir que les chrétiens entretiendraient dévotement, la célébration du dimanche des Rameaux et de la Passion demeure pour nous l’actualisation d’une réalité. En rappelant l’hommage que Jérusalem offrit autrefois au Messie, l’Église d’aujourd’hui offre à son tour son hommage, avec foi, piété et amour, pleinement consciente que le mystère pascal accompli est le véritable cérémonial au cours duquel notre Père du Ciel a intronisé le règne du Christ. 

Représenté par le prêtre, le Seigneur Jésus, à travers lui, reçoit l’ovation de la communauté chrétienne : il accueille son Hosanna. Comme nous le faisons chaque jour à la messe, avant la prière eucharistique, nous chanterons donc avec allégresse : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » 

La liturgie des Rameaux nous prépare ainsi à la rencontre ultime de Jésus que nous connaîtrons dans cet au-delà des sens qu’est la vie éternelle. C’est pourquoi, dans la prière de bénédiction des rameaux, nous demandons à Dieu tout-puissant : « Accorde-nous d’entrer avec lui dans la Jérusalem éternelle. » La procession que nous effectuons ensuite entend alors symboliser cette marche du peuple de Dieu vers la cité céleste.

GLOIRE ET PASSION DE JÉSUS

Le contraste que beaucoup de personnes ont du mal à comprendre, entre le récit de l’entrée triomphal des Rameaux et la lecture de la Passion, est pourtant riche d’enseignements. La douloureuse Passion du Christ et sa mort sur la croix furent en réalité un combat victorieux et non une simple succession de tristesse et de joie. Alliant la mort et la vie, le mystère pascal se réalise en fait par l’union de ces deux termes, dont l’un est le fondement de l’autre.

Dans un duel prodigieux, les forces du bien ont triomphé des forces du mal. Celui qu’aux Rameaux nous acclamerons de nos « hosanna » est le même qui va mourir peu de temps après, abandonné de tous. Nonobstant, nous l’acclamerons parce que nous savons que sa mort même fut une victoire fantastique, le fruit d’une conquête triomphale de l’amour sur l’empire du péché.

UN SACRAMENTAL

Enfin, rappelant la procession triomphale de Jésus, les rameaux bénis que nous emporterons avec nous sont un symbole de victoire et de vie, une affirmation joyeuse de foi et d’espérance : un jour, comme le Christ, nous ressusciterons pour siéger avec lui dans la maison du Père. Nous pourrons alors placer ces rameaux comme les anciens le faisaient bien volontiers : sur nos crucifix, à l’entrée de nos champs ou de nos maisons, sur la tombe d’un proche… Il ne s’agit pas là d’un rite superstitieux mais d’un sacramental, c’est-à-dire une action rendue sacrée par la prière de l’Église et ordonnée à nous disposer spirituellement aux bienfaits de la grâce divine.

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