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Pour l’Unité

du monde par l’Église catholique

« Rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11, 52)
▪︎ Publié il y a 11 mois ▪︎ 0 com.

Homélie du 2e dimanche de l’Avent (149e nuit de prière)

Homélie de l’abbé Jérôme MONRIBOT, conseiller spirituel de Pour l’Unité, à l’occasion de la messe du matin de notre 149e nuit de prière.

Chers frères et sœurs de Pour l’Unité,

Avec vous, je voudrais tout d’abord rendre grâce pour les 50 ans d’apostolat de notre mouvement. 50 ans, ce n’est pas rien ! Et beaucoup d’entre nous, pour ainsi dire, ont toujours connu notre association. Soyez donc vivement remerciés pour votre fidélité à nos nuits de prières ainsi qu’aux divers pèlerinages « éclair » qui, tout au long de l’année, nous permettent de nous réunir et de nous unir.

Comme vous le savez, Pour l’Unité du monde par l’Église catholique est une association de laïcs et de prêtres, profondément inspirée par le mystère de l’Église. Aux yeux des croyants, en effet, l’Église n’est pas seulement une institution séculaire, aussi vénérable soit-elle. Plus encore, elle est un mystère universel de salut et d’espérance, de grâce et de miséricorde, comme l’Apôtre saint Paul s’en faisait l’écho dans la seconde lecture.

À travers les sacrements qu’elle nous offre, l’Église, pour ainsi dire, prolonge au milieu de nous, malgré le temps qui passe et la distance qui nous sépare les uns des autres, l’Église prolonge donc la merveilleuse présence du Christ, tel que lui-même demeure au Ciel, près de son Père, depuis son Ascension. À travers le témoignage de ses enfants, comme c’est par exemple le cas à chacun de nos pélés nocturnes, l’Église manifeste aussi la sainteté de l’enseignement de Jésus. Saint Augustin, au 4e siècle, a une formule saisissante pour définir qui est l’Église. Non pas qu’est-ce que l’Église (car l’Église n’est pas une chose) mais qui est l’Église ! L’Église – dit-il – c’est le monde réconcilié avec Dieu… Vous voyez : on ne peut pas faire plus simple et plus juste à la fois ! Et si vous gardez bien dans votre mémoire cette définition de l’Église, vous comprendrez mieux, dès lors, pourquoi notre association, catholique dans son essence et par ses statuts, œuvre pour l’unité du monde.

Ce monde dont il est question, vous le savez bien, est marqué par la division qu’apporte le péché. En commettant le mal, nous nous séparons de Dieu et nous nous unissons au démon. D’ailleurs, est-ce vraiment un hasard si, en mélangeant les lettres du mot « monde » vous obtenez le mot « démon » ? Oui, chers frères et sœurs, chaque fois que vous cédez à la part obscure des ténèbres du péché, vous devenez un peu plus sous l’emprise du Mauvais et vous vous séparez du Christ notre Roi. Œuvrer pour l’unité du monde, c’est donc, en quelque sorte, œuvrer à la réconciliation du monde avec lui-même et avec Dieu et, comme Philippe Rayet nous le rappelait tout à l’heure, cela commence par reconstruire l’unité intérieure de notre propre personne. Ici encore, la parole de l’Apôtre Paul aux Romains inspire mon propos : Que le Dieu de la persévérance et du réconfort, dit-il aux chrétiens de Rome, vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus.

Être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus, cela s’appelle vivre en communion avec l’Église, selon la volonté du Christ. En effet, comme l’affirme le second Concile du Vatican : « Dans le Christ, l’Église est en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain. » Jésus seul, par le moyen de son Église, demeure l’artisan et le fondement de notre unité spirituelle qui, comme telle, transcende toutes les autres formes d’unité : culturelles, sociologiques, religieuses ou politiques… Bouddha ne sauve pas ! Mahomet ne sauve pas ! Le spiritisme ou la cartomancie ne sauvent pas ! La franc-maçonnerie ne sauve pas ! Le sport, la dance, ou que sais-je encore, ne sauvent pas ! En revanche, Jésus, lui, est capable de te rejoindre malgré la séparation de Dieu qu’entraîne ton péché. Jésus, lui et lui seul, peut te sauver jusqu’au bout même de tes ongles ! Parce que tu es sa créature bien aimée… Parce qu’il a déjà donné sa vie pour toi… Parce qu’il t’invite, dorénavant, à ouvrir plus souvent ton cœur au sacrement de la pénitence et de la réconciliation.

Vivre en communion avec l’Église, selon la volonté du Christ, implique aussi, précisément, de connaître cette volonté, de savoir clairement ce que Dieu attend de nous. Voilà pourquoi, également, l’association Pour l’Unité, à travers ses différentes publications, imprimées ou disponibles gratuitement sur son site internet, vous encourage à vous instruire, parfois, même, à contre-courant de ce que peuvent vous raconter les grands médias qui, pour la plupart, ne sont que les porte-paroles des sombres puissances qui régissent ce monde. L’unité du monde par l’Église catholique – j’y suis personnellement sensible – est une œuvre de foi dans le Christ.

Une œuvre, par définition, est toujours le fruit d’une action que dirige une pensée. Cette pensée est une doctrine. Une doctrine élaborée au fil des siècles par le Magistère de l’Église (à qui nous devons obéissance) et qui trouve sa source et sa norme dans les Saintes Écritures, comme saint Paul, une nouvelle fois, nous le rappelait dans la seconde lecture : « Frères, nous disait-il, tout ce qui a été écrit à l’avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. » C’est donc sur ce principe édicté par l’Apôtre que je souhaiterais, maintenant, aborder les lectures de ce dimanche avec, donc, pour toile de fond, l’espérance du Salut à laquelle nous invite la Parole de Dieu. Cette espérance du Salut qui manifesta ses premières lueurs durant cette douce nuit de Noël durant laquelle naquît le Sauveur des hommes.

La première lecture nous relatait donc une prophétie bien connue d’Isaïe au sujet de la venue du Messie : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. » Au moment où le prophète annonce cet oracle, Samarie, la capitale du Nord d’Israël, était tombée aux mains de l’ennemi. Et Jérusalem, au Sud, était à son tour sérieusement menacée par les armées de Sennachérib. La dynastie davidique était sur le point de définitivement s’éteindre. Et, avec elle, tout espoir de pouvoir un jour restaurer une ère de justice et de paix. Pourtant, affirme Isaïe, c’est bien d’elle que surgira un Sauveur. Homme accompli par les 7 dons sacrés du Seigneur, sur lui reposera l’Esprit de Dieu, en plénitude. Alors que tout semblait perdu, Isaïe ranime alors la flamme de l’espérance dans le cœur de ceux, qu’à la même époque, le prophète Sophonie appelle les anawim : c’est-à-dire les pauvres du Seigneur. Ces anawim formeront ensuite le petit reste d’Israël, tels, bien des années plus tard, la vieille Anne ou Siméon qui, au Temple, reconnaîtront Jésus comme la lumière des Nations et la gloire d’Israël.

Cet oracle d’Isaïe nourrira également l’espérance de Jean le Baptiseur dont l’Évangile de ce dimanche, précisément, nous relatait la prédication et le ministère sur les rives du Jourdain. À l’époque de Jean-Baptiste (nous sommes alors sous le règne de Tibère, successeur d’Auguste), Pharisiens et Saducéens sont en quelque sorte les intégristes et les protestants du judaïsme. Les premiers sont attachés à la liturgie du Temple. Les seconds ne reconnaissent comme canoniques que les 5 premiers livres de la Bible : la Torah de Moïse. Ces deux factions, néanmoins, avec les partisans d’Hérode, savent parfois oublier leurs différents dès lors qu’il s’agit de se partager les privilèges attachés à la caste dirigeante du pays, sorte d’assemblée nationale du royaume et qui s’appelle le Sanhédrin, ou du moins ce qu’il en reste en raison de l’occupation romaine dont le joug économique commence à lourdement se faire sentir. C’est dans ce contexte désertique de spiritualité et d’espérance collective, pas si différent du nôtre vous l’aurez remarqué, que surgît une voix, celle de Jean-Baptiste.

Ah ! Jean-Baptiste : témoin de l’Agneau de Dieu aux paroles de feu ! Quel prêtre, de nos jours, oserait prêcher à la manière de Jean le baptiseur : « Engeance de vipères, tonne-t-il à l’adresse des Pharisiens et des Saducéens, qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? » Pharisiens et Saducéens ont beau se vanter d’être fils d’Abraham, autrement dit d’être croyants, s’ils ne se convertissent pas pour autant, ils subiront aussi le feu de la colère divine. Car la foi sans les œuvres, la foi sans la charité, prêchera plus tard saint Jacques, est une foi morte.

Il en va de même pour nous, nous qui sommes devenus les pierres vivantes de l’Église, par la grâce de l’adoption filiale du baptême. J’aurais beau avoir une foi à soulever les montagnes, s’il me manque la charité, dit saint Paul, je ne suis alors qu’une timbale discordante. Ou, si vous préférez, une guitare sans cordes… Et donc, chers frères et sœurs, Jean-Baptiste nous renvoie, en quelque sorte, au drame de notre monde actuel. Nos sociétés occidentales, en effet, veulent bien se reconnaître d’inspiration chrétienne mais les choix de vie qu’elles promeuvent ou légifèrent affirment radicalement le contraire… Nous vivons ainsi dans une dichotomie perpétuelle.

Aussi, œuvrer pour l’unité du monde par l’Église catholique, c’est, concrètement, en chacune de nos vies, témoigner d’une profonde unité entre ce que nous croyons et ce que nous faisons. C’est, comme le Christ nous l’enseigne, joindre le geste à la parole.

Que la Bienheureuse Vierge Marie, Immaculée de tout péché, nous apporte le secours de sa prière. Bon anniversaire à tous !

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